Avantage ou pas?

Plusieurs études concernant Oscar Pistorius ont été réalisées. Elles cherchent toutes à savoir si les prothèses qu’il utilise lui conférent un avantage ou le contraignent.

Une première étude commandée par l’IAAF a été réalisée à Cologne, montrant un avantage considérable de la prothèse. La seconde dirigée par Oscar Pistorius lui-même pour tenter de se défendre a été réalisée dans le Colorado, vérifiant son hypothèse, comme quoi la prothèse ne confère pas d’avantages . Une dernière étude indépendante réalisée par des chercheurs américains a demontré un étonnant avantage des Flex foot cheetah.

Première Etude

Les tests, qui ont eu lieu les lundi 12 et mardi 13 novembre 2007 au sein des laboratoires de l'Institut du sport ont été commandés par l'IAAF avec la participation d’Oscar Pistorius afin de déterminer si ses prothèses pouvaient être considérées comme une aide lui procurant un avantage par rapport à des athlètes valides.

Voici la conclusion du rapport de l'étude réalisée sous la tutelle du Professeur Peter Brueggemann:

"Avec ses lames incurvées en fibre de carbone, Pistorius pouvait courir à la même vitesse que les sprinters valides avec une dépense d’énergie inférieure de 25%. Dès qu’une certaine vitesse est atteinte, courir avec de telles prothèses requiert moins d'énergie supplémentaire qu’avec le fonctionnement normal des membres inférieurs.

Après que le potentiel physiologique d’Oscar Pistorius et des athlètes valides témoins aient été évalués à l’aide de trois méthodes différentes, il est apparu que le potentiel de Pistorius était inférieur à celui des athlètes-témoins alors que leurs performances étaient similaires.

L'analyse biomécanique a démontré des différences importantes dans la mécanique de sprint employée par un athlète amputé sous les genoux et utilisant des prothèses comparées à celle des jambes d’athlètes valides. Les forces maximales verticales de réaction au sol et l’impulsion verticale sont différentes de manière extrêmement significative et la quantité d’énergie qui est renvoyée par les lames n’a jamais été observée pour sur un muscle humain actionnant la cheville dans une course de sprint.

L'énergie renvoyée par la prothèse en fibre de carbone est presque trois fois supérieure à celle de l’articulation d’une cheville normale au maximum de l’effort de la course.

La déperdition d'énergie avec prothèses a été mesurée à 9,3% au cours de la phase d’appui tandis que la déperdition d'énergie moyenne au niveau de l’articulation de la cheville des athlètes valides témoins était mesurée à 41,4%. Ceci signifie que l'avantage mécanique de la lame en fibre de carbone est supérieur de plus de 30% à celle de l’articulation d’une cheville valide.

Il est évident qu'un athlète employant les prothèses cheetah peut courir à la même vitesse que les athlètes valides avec une consommation d'énergie moindre. Courir avec ces lames requiert un mouvement vertical moins important associé à un effort mécanique moindre pour soulever le corps.

Après l’étude du rapport, le Conseil de l’IAAF a décidé que les prothèses connues sous le nom de « cheetahs » doivent être considérées comme une aide technique et de ce fait, sont clairement en désaccord avec la règle 144.2 de l’IAAF. En conclusion, Oscar Pistorius ne sera pas autorisé à participer aux compétitions régies par les règles de l’IAAF."

 

Deuxième Etude

Cette seconde étude a été réalisée par six chercheurs américains de l'université du Colorado. Elle a été commandée par Oscar

Pistorius dans le but de montrer l'erreur de l'IAAF et de lui permettre de participer aux compétitions internationales avec les valides.

L'étude est basée sur trois hypothèses :

_Dépense énergétique durant la course

_Endurance du sprint

_Mécanique de sprint

Voici la traduction du rapport réalisé par le Professeur Rodger KRAM

« Concernant la première hypothèse, les résultats montrent que la dépense énergétique d'Oscar Pistorius est plus faible de 4 à 7% en comparaison à celle d'athlètes élites, et plus faible de 17% en comparaison à celle d'athlètes spécialistes du 400m. Toutefois, l'athlète handicapé possède une VMA similaire à celle des athlètes valides. Il est également important de noter que des athlètes valides de niveau mondial ont des dépenses énergétiques inférieures à celle d'O. Pistorius et un athlète marathonien amputé des deux jambes lui aussi possède une dépense énergétique supérieure de 19% à celle de Pistorius. Sur la base d'un seul cas, il est donc très difficile de conclure définitivement sur le bénéfice ou non des prothèses au niveau de la dépense énergétique.

Concernant la seconde hypothèse, les résultats indiquent qu'il n'existe aucune différence entre Oscar Pistorius et les athlètes valides au niveau de l'endurance de sprint. Les vitesses maximales des sprints diminuent en fonction de la durée de la même manière que pour les ahtlètes valides. Cela montre que sans les phases de départ et d'accélération, lors des phases de vitesse constante, la capacité à maintenir une vitesse est la même pour Oscar Pistorius que pour des athlètes valides. Les départs plus lents d'Oscar Pistorius dus à ses prothèses permettent peut-être d'expliquer les fins de course plus rapide.

Concernant la troisième hypothèse, les résultats montrent que les différences observées sont dépendantes de la vitesse de course : à faible vitesse, les différences étaient inexistantes ; à vitesse moyenne, elles étaient modérées ; et à vitesse élevée, elles étaient importantes. Pour une vitesse maximale de 10 m·s-1, Oscar Pistorius a un temps de contact au sol 14% plus long, une phase aérienne 34% plus courte, un temps pour replacer le membre inférieur 21% plus court, une fréquence de foulée 16% plus élevée et une force verticale 23% plus faible (Fig. 2). Un athlète équipée de deux prothèses applique donc une force plus faible au sol mais plus longtemps et plus souvent qu'un athlète valide. Cette compensation permet à O. Pistorius d'atteindre une vitesse maximale similaire à celle d'un athlète valide sur tapis roulant. »

D'après les chercheurs, l'unique étude d'Oscar Pistorius ne suffit pas pour conclure sur l'avantage ou non de ce type de prothèse.

Une étude comprenant de nombreux utilisateurs du Flex foot cheetah serait donc nécessaire.

Cependant cette dernière étude a permis à Pistorius de faire appel auprès du Tribunal du sport et ainsi de participer aux championnats

du monde valides de Daegu.

Troisième Etude

Les chercheurs américains qui ont réalisé cette dernière étude ont montré que le fait de courir avec les prothèses apporterait un avantage de plus de 10s sur un 400. En prenant en compte ces résultats, les capacités physiques de Pistorius seraient équivalentes à celles d' un sportif s'entrainant une fois par semaine, cependant il s'agit d'un sportif de Haut-Niveau s'entrainant près de trois fois par jour.

Cette étude n'a donc pas amené le tribunal arbitraire du sport à revenir sur sa décision.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×